Le Billet des Hybrides
Le billet des hybrides est une nouvelle rubrique de la revue de l'ABF : Bibliothèque(s), publié en simultané sur le blog du congrès ABF et le bibliolab. Son principe : un thème ou un outil du web est décortiqué par un ou plusieurs membres du groupe Bibliothèques Hybrides. Le billet publié dans la revue est enrichi sur le blog par les liens et par des tutoriels, récupérés ou créés pour l'occasion.
Actuellement en ligne :- A quoi peut bien servir un réseau social en bibliothèque ? L’exemple de Facebook
- D'autres articles et liens à propos de Facebook et des réseaux sociaux.
- Delicious, un outil de sauvegarde de signets
- Delicious : liens et tutoriels

A quoi peut bien servir un réseau social en bibliothèque ? L’exemple de Facebook
« 350 millions de membres, et vous… ? » Autrefois, la bibliothèque accueillait des lecteurs, ils sont devenus des usagers. Aura-t-elle bientôt des amis, voire – à l’image des clubs de football et des groupes de rock – des fans ? Certaines ont déjà tenté l’expérience. Pourquoi, comment ?
J’ai 800 amis sur Facebook ! Ce qui nous gêne, ce qui revient comme une antienne dès que nous parlons d’un réseau social sur Internet, c’est le nombre d’amis que nous pouvons avoir. Car, sûr, dans la vraie vie, donc non-virtuelle, nous avons un, deux, voire une dizaine d’amis au maximum… Avoir un profil avec des centaines ou des milliers « d’amis » nous pose problème en tant qu’individu et en tant que bibliothécaire. En fait, ce terme d’amis est mal choisi. On devrait parler plutôt parler de liens… qui nous rapprochent. C’est d’ailleurs, en sociologie, un des éléments de la définition d’un réseau social
Le social networking (réseautage social en ligne) est apparu dès 1995 mais c’est à partir de 2003 qu’il s’est développé avec le site Friendster aux Etats-Unis « qui proposait une nouvelle approche de la rencontre en ligne, largement inspirée de la théorie de Stanley Milgram, selon laquelle il existerait six degrés de séparation au maximum entre chaque personne dans le monde ». Comme l’explique Fred Cavazza sur son blog, « les médias sociaux sont donc des outils et services permettant à des individus de s’exprimer (et donc d’exister) en ligne dans le but de se rencontrer et de partager » Né, il y a cinq ans, FB a d’abord été un réseau social fermé, le « copain d’avant » des étudiants de Harvard. Depuis, Facebook a dépassé les 350 millions d’utilisateurs dans le monde
Quelles utilisations ?
On peut envisager l’utilisation et l’animation d’un réseau social à la manière du lieu bibliothèque (voir le billet si pertinent de Cécile Arènes) : agora publique, mais ici, numérique où se révèle une certaine part de l’intime d’un individu, pour rester en phase avec le thème de ce numéro, même si la grande comédie des masques sociaux n’est pas à sous-estimer (anonymat, pseudonymes, mythomanie, etc.) Pour le monde des bibliothèques, on pourrait distinguer deux utilisations majeures d’un réseau social : une utilisation personnelle et/ou professionnelle du bibliothécaire affirmant son « identité numérique » et une utilisation plus institutionnelle qui permet à l’établissement d’aller là où sont certains de ces publics.
Se créer un profil
Avant de détailler les usages, rappelons un fait important. Vous devez vous inscrire pour voir et participer. On créé d’abord un profil personnel où l’on indique… ce que bon nous semble : nos coordonnées pour nous joindre, nos études, nos passions, nos opinions politiques ou religieuses, une vraie date de naissance ou juste un jour et un mois pour les plus pudiques ! Pas d’obligation de remplir ces cases. On ne dit que ce que l’on a envie de montrer… La part de l’intime, nous conservons si nous voulons !
Deuxième étape : la recherche d’amis – maintenant vous savez que je préfère parler de liens – on cherche donc à se lier… FB vous aide à trouver des amis de plusieurs manières. D’abord, en vous proposant de chercher parmi les contacts de votre boite aux lettres (indiscret qu’il est !). Il vous dit qui est sur FB. Vous pouvez ensuite proposer à ce potentiel ami de devenir le votre. Ensuite, selon les informations que vous aurez laissées sur votre profil, FB vous suggérera des noms : gens qui aime le même écrivain que vous où qui font partie d’un groupe comme celui consacré à « Emmanuel Guibert », l’auteur de BD. Il existe des groupes d’amateurs très sérieux et d’autres plus farfelus, qui naissent, vivent et meurent comme ils sont apparus. Ceux sur « la main de Thierry Henry » (200 000 fans) risquent de ne pas passer l’année ! Vous pourrez aussi créer votre groupe : celui des « Amis de la BN de Côte d’Ivoire » ou le groupe consacrée à une animation ponctuelle et recevoir les commentaires des membres du groupe. Enfin, vous, vous pourrez rechercher des amis en tapant simplement leur nom.
Important, votre profil peut être ouvert à tous ou fermé.
Dans ce cas, vous avez la main (pas celle de…) pour accepter l’ami ou pas. Votre compte comprend une boite aux lettres qui vous permet de lui demander qui il est et pourquoi il souhaite être ami avec vous. A vous, de définir des critères d’utilisation de votre profil et de protéger votre vie privée ! Pour un professionnel de l’information, il est intéressant d’avoir dans ses amis des gens de nature complètement différentes pour étudier, par exemple, ce qu’ils font sur le réseau, ce qui les intéressent… On peut rester en communauté aussi (geeks, bibliothécaires… ou garagistes) mais est-ce vraiment intéressant ?
Enfin, FB est le domaine des applications en tout genre : quizz pour connaître votre niveau de culture générale sur les films gore ou pour installer une ferme virtuelle où vous semez, arrosez, récoltez ou ramassez des œufs. Vous n’aurez plus d’excuses : FB vous rappelle la date d’anniversaire de vos amis et les événements qui vous intéressent. En général, les « grands » médias se focalisent ici.
Des usages individuels et/ou professionnels
On communique sur ce que l’on appelle le mur. On le « taggue » de nos commentaires, de nos réflexions. Outil de partage et de veille, grâce à des liens vers des sites, des billets, des vidéos, au moyen d’un simple copié-collé. On peut annoncer un événement (une conférence dans votre bibliothèque, une pétition à signer, à relayer). La fonction « Partager » permet d’envoyer une information vers un groupe d’amis que vous sélectionnez. Si vous êtes sur le mur d’un de vos amis, « Partager » permet d’envoyer son information vers votre mur. C’est ainsi que se diffuse de manière massive et rapide à travers les réseaux d’amis les informations à relayer. Si vous utilisez plusieurs outils, par exemple, un compte twitter, vous pouvez coupler celui-ci avec FB. A quoi cela sert-il ? Si vous le souhaitez, ce que vous écrivez sur Twitter sera relayé sur FB, vers un autre groupe d’amis. Vous mélangez ainsi vos réseaux sociaux et vos informations.
Le mur peut ressembler à un outil de publication comme un blog de signalement. Permettez-moi d’utiliser ma pratique. Je me suis rendu compte récemment que je n’écrivais plus sur mon blog professionnel, non plus par désintérêt mais parce qu’il est plus facile sur FB de publier ses découvertes sur le web. Mon blog, restant en usage dorénavant pour des billets plus personnels de réflexions.
Outil de veille ou de publication, FB est aussi un lieu de mémoire individuel car vous conservez toute votre activité. C’est d’ailleurs une des reproches fait à FB : comment conservent-ils nos données, comment les utilisent-ils ? Récemment, FB a voulu changer les CGU (Conditions générales d’utilisation). En résumé, FB devenait propriétaire de tout ce que vous publiez sur votre mur, comme les photos de la fête d’anniversaire de votre petit dernier… Sous la pression, ils ont reculé. D’autres sites (Amazon, Fnac) utilisent également nos comportements sur les réseaux. La fonction « ceux qui ont acheté ceci ont acheté cela » en est la preuve. C’est la contrepartie pour utiliser ces services de manière gratuite. Mais, restons vigilants.
Enfin, l’aspect relationnel est certainement une des raisons du succès de cet outil.
Une fonction de tchat est incorporée à la manière d’un MSN, active ou non active. Communiquer avec un artiste devient très facile : certains se prêtent simplement au jeu. C’est une évolution du rapport artiste/fan. Un fan moins adulateur en quelque sorte. Les fonctions neuronales y gagnent ! Pour un bibliothécaire, c’est parfois un moyen plus rapide que les attachés de presse pour atteindre le futur conférencier de sa bibliothèque.
Des usages institutionnels
Silvère Mercier, dans un billet paru sur son incontournable blog Bibliobsession, nous le rappelait : pour une institution, créer une page qui aura des fans est préférable à un profil (individuel) qui aura des amis. Disons le, humoristiquement, cela évitera de répondre à la question sexe de votre institution ! En lisant attentivement les commentaires de ce billet, la BM d’Angers qui avait créé un profil (personnel) répond à la critique de Silvère regrettant le choix du profil. Elle a créé également une page qui ne contient en définitive que 59 fans. Par contre, le profil BM d’Angers accueille 597 amis. Décidemment, les usages de nos utilisateurs sont impénétrables. La BM d’Angers, en définitive, « alimente profil et page avec le même contenu : on fait un article sur la page et on le partage sur le profil ». Le wiki Bibliopedia possède une page qui recense les réseaux sociaux des bibliothèques francophones.
Pourquoi être sur FB pour une bibliothèque ? Réponse simple : une partie de nos usagers l’utilisent. La page FB de la bibliothèque est une annexe du site de la bibliothèque et parfois son site unique quand la bibliothèque n’a pas de site. Dès lors, se retrouvent sur la page : informations pratiques (horaires, tarifs), activités et annonces d’événements (conférences, ateliers), diaporama d’images, articles des bibliothécaires comme pour la Bibliothèque de Toulouse.
La page qui accueille des fans (ou des amis si choix d’un profil) pourra recevoir les commentaires de ceux-ci. Comme le site traditionnel, la page facebook est un outil de communication. Elle nécessite non seulement un animateur de page qui sera aussi un modérateur de la parole des usagers. Quels commentaires mon établissement va-t-il pouvoir accepter ? La question est centrale et à réfléchir avant présentation à nos hiérarchies.
Aspect positif de ces échanges : avoir les avis de nos publics, recueillir leurs demandes, faire écho et participer à la vie de la cité. C’est une application très concrète pour mettre en application toutes les remarques issues des enquêtes et colloques de connaissance des publics.
Communiquer sur les nouvelles acquisitions ou autour des animations de la bibliothèque, publier les mp3 de la bibliothèque, faire de la veille et du suivi. Certes ! Hubert Guillaud sur son blog La feuille nous interroge : « L’essentiel n’est certainement pas d’ouvrir un espace dédié à un projet clos, mais au contraire de s’ouvrir à un plus large auditoire. Le but n’est pas d’ouvrir une page ou un groupe aux couleurs de sa bibliothèque, mais d’imaginer plutôt ouvrir des groupes plus larges capables de toucher plus de monde. Pour un discothécaire, il vaut mieux ouvrir une page « I love Rock’n Roll » qu’une page au nom de la discothèque de Trifouillis-les-Oies». Message entendu par les bibliothécaires musicaux de la BFM de Limoges qui ont créés : L’e-music box (381 amis), une page qui se veut un juke-box virtuel dédié aux artistes du Limousin.
La fonction reset d’un jeu vidéo n’existe pas sur le web !
D’autres limites se dégagent sur la conservation des données personnelles. Comment sont-elles conservées ? Que deviendront-elles après notre mort ? Quand je quitte un réseau social, puis-je les effacer ? Ai-je l’assurance que ce que j’ai dit à un certain âge de la vie ne se retournera pas contre moi. C’était l’objet du récent débat à l’Assemblée Nationale suite à la proposition de loi de deux députés sur le droit à l’oubli numérique. Si Internet est un média de « flux », c’est aussi un média de « stock ». Le virtuel est toujours inscrit dans du matériel. Comme le précise, Denis Ettighoffer, fondateur d'Eurotechnopolis Institut « L'homme numérique doit pouvoir compter sur la loi pour faire effacer des données sur le Net qui pourraient être attentatoires à son intégrité morale, à sa liberté individuelle, à celle de sa famille, qui limiteraient ou tenteraient d'influencer ses activités privées, publiques ou professionnelles. ». Il faut donc être rapidement conscient de notre identité numérique sur Internet et les réseaux sociaux. La fonction reset d’un jeu vidéo n’existe pas sur le web. Nous avons aussi le rôle d’informer nos plus jeunes usagers sur ces risques. Je passe rapidement sur le devoir de réserve du fonctionnaire que vous connaissez par cœur.
Conclure ? Même si le modèle économique de ces réseaux sociaux n’est pas fixé (gratuit, payant) et que le recul nous manque pour analyser ce phénomène fulgurant, ces outils ne sont pas qu’un effet de mode passagère. Ils illustrent le besoin de communication des individus qui ont tendance à se replier vers un cocon protecteur. Autant le téléphone me parait symboliser un désir de ne jamais quitter le cadre rassurant de son entourage proche, autant les réseaux sociaux représentent des volontés d’ouverture et de découverte vers les autres. Terminons par un clin d’œil en essayant de créer une loi à la manière d’Asimov : « Tout site aura dans le futur une tendance naturelle à devenir un réseau social. ».
Franck Queyraud
Groupe ABF Bibliothèques Hybrides
Médiathèque de Saint-Raphaël (83)
2009, année des services de renseignements en ligne ?
Par Nicolas Alarcon et Elizabeth Ravoux in Bibliothèque(s) n° 46 (octobre 2009)
2009 semble une étape importante dans le développement et le déploiement des services de renseignements virtuelles (SRV) dans les bibliothèques : lancement de Rue des facs (BU parisiennes), ouverture d'ubib.fr (BU de Bretagne et Pays de la Loire), création de la charte SIADE s'ajoutent à des services déjà bien installés dans le paysage (le Guichet du savoir ou le réseau Bibliosésame).
Tour d'horizon d'un service qui pourrait devenir aussi indispensable pour les bibliothèques que le bureau d'accueil.
Prestation + charte = SRV
Tous les SRV reposent sur deux éléments-clés : la prestation et la charte.
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Un SRV est un service par lequel un usager pose une question par voie électronique (mail, chat) à des professionnels de la documentation et reçoit une réponse également par voie électronique dans un délai maximal déterminé à l'avance.
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Une charte clairement affichée sur le site doit préciser la politique du service. Elle indique généralement le périmètre des questions acceptées, le délai maximal de la réponse voire la durée maximale de recherche par le bibliothécaire et éventuellement les éléments contenus dans la réponse (nombre limité de références bibliographiques, etc).
Les SRV sont généralement ouverts à tous les publics sans distinction de statut ou d'âge. Les limitations concernent plutôt le contenu de la question : pas de consultation juridique ni médicale, pas de bibliographie exhaustive, etc.
Le couple formulaire web/mail (question posée via un formulaire web, réponse reçue par mail) est actuellement le mode d'interrogation le plus répandu, rendu incontournable par le développement d'internet ces 15 dernières années.
Le chat (service de messagerie instantanée permettant un échange en temps réel entre 2 individus voire plus) est le complément idéal du formulaire web. Il permet de se rapprocher des conditions d'interaction d'un bureau de renseignement et se prête parfaitement aux questions rapides.
Présentation de quelques SRV
Le paysage des bibliothèques municipales est marqué par deux services de poids.
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Le service collaboratif Bibliosésame est piloté par la BPI, il regroupe des BM et BMVR (13 dont Lille, Marseille, Toulouse, Strasbourg), une bibliothèque départementale de prêt (Saône et Loire, l'unique BDP proposant un SRV) et une bibliothèque universitaire.
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Le Guichet du savoir est un service à part entière de la bibliothèque municipale de Lyon. Le Guichet diffère de l'image classique des SRV dans le sens où les questions et les réponses sont immédiatement visibles par le public dans une interface de type forum.
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Question? Réponses! de l'ENSSIB est un SRV spécialisé dans les sciences de l'information et des bibliothèques dont le le succès ne se dément pas. Il semble même prendre une nouvelle dimension avec la fin de Biblio-fr. Questions! Réponses? remplirait certains rôles de la liste de diffusion : renseigner les professionnels sur les questions statutaires, solliciter un avis autorisé/légitimé, créer, même ponctuellement, un espace qui rompt l'isolement de certains bibliothécaires où l'on parle la même langue, où l'on partage les mêmes valeurs professionnelles. Une enquête qualitative dirigée par Christophe Evans et Marie-France Peyrelong devrait nous en apprendre un peu plus à ce sujet.
Les principales innovations en matière de SRV proviennent des bibliothèques universitaires. Aux côtés de SRV propres à un établissement comme Bibliothècaires en ligne de l'université Lyon 2, deux services collaboratif mélant formulaire et chat ont ouvert début 2009 :
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Rue des facs est composé de bibliothèques universitaires (Paris 1, 2, 3, 4, 5), bibliothèques interuniversitaires (dont la Sorbonne, Saint Barbe) et de bibliothèques spécialisées parisiennes. Il répond par mail et par chat (13h à 18h du lundi au vendredi).
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ubib.fr regroupe sept universités (Angers, Bretagne occidentale, Bretagne sud, Maine, Nantes, Rennes 1 et 2) et propose un service par formulaire web/mail et par chat (9h-18h du lundi au vendredi).
La création de ces deux réseaux a suscité l'intérêt de nombreux établissements. Rue des facs et ubib.fr devraient donc rallier de nouveaux participants dans les prochaines années et de nouveaux réseaux seront probablement constitués.
La Bibliothèque nationale de France dispose également de son SRV, Sindbad (interrogeable par mail, téléphone et courrier postal).
Enfin, citons Questions/Réponses, proposé par le géant de l'internet Yahoo!, ce service interroge nos pratiques en matière de renseignement en ligne car il place l'utilisateur au cœur même du projet.
Toutes les personnes inscrites peuvent répondre aux questions posées. Les meilleures réponses sont sélectionnées par le questionneur et par un vote des contributeurs. Un système de points et de niveaux valorise et encourage la participation des meilleures répondants.
Le point fort de Questions/Réponses réside en sa communauté d'utilisateurs (nombreuse, diverse et active) néanmoins les règles du classement par popularité sont assez floues, la pertinence et la fiabilité des réponses ne sont jamais garanties malgré la récente introduction des « partenaires-experts » (ouverts aux entreprises)
L'avenir des SRV en trois tendances
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Réseau collaboratif. Le fonctionnement en réseau permet d'exploiter tout le potentiel d'un SRV. La mutualisation des ressources humaines, des savoir-faire et des moyens financiers autorise la couverture de l'ensemble des disciplines, l'élargissement des horaires pour le service par chat et le partage des coûts (abonnement au logiciel, communication et promotion du service).
Si les services collaboratifs nécessitent une importante et rigoureuse organisation des équipes ainsi qu'une coordination renforcée, ils ont l'avantage de favoriser le dialogue entre les établissements et la visibilité du SRV auprès des publics-cibles (nom du service, nom de domaine, charte graphique, campagne de communication, etc.). Le label SI@DE ne répond que partiellement à cet impératif. -
Multiplication des modes d'interrogation. Le formulaire web correspond moins aux pratiques numériques des usagers que le chat, l'interrogation par téléphone portable ou via les réseaux sociaux (type Facebook). Les futurs services de renseignement en ligne ne seront plus circonscrits aux pages des sites de bibliothèques, ils sauront se fondre dans les environnements web des publics.
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Reconnaissance institutionnelle. Le SRV doit sortir de sa confidentialité et trouver (faire?) sa place au sein des établissements. Cela passera par une reconnaissance de son importance par les directions. Ce n'est qu'à partir de ce moment qu'une "professionnalisation" du personnel répondant sera envisageable (profil orienté SRV, formation spécifique, etc.).
Les SRV français ne sont qu'au début de leur histoire. Gageons qu'ils sauront constamment combiner innovation et complémentarité pour répondre aux attentes de tous les usagers.
Par Sophie Cornière in Bibliothèque(s) n° 45 (juillet 2009)
Twitter a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines, mais de quoi s’agit-il exactement et en quoi cet outil peut-il trouver sa place en bibliothèque mais aussi dans nos usages ?
Twitter vient de l'anglais et se traduit par “gazouillis”, c'est une plateforme de micro-blogging (blogging : publier) des messages courts (micro) en 140 caractères depuis son ordinateur ou son téléphone ou n'importe quel terminal connecté à Internet. A juste titre Twitter est considéré comme le SMS du web.
Le site fut créé par Jack Dorsey et Biz Stone, il s'agissait à l'origine d'un projet de recherche. Le service fut développé en deux semaines et vît le jour en 2006, mais c'est en 2007 que Twitter s'est réellement développé.
Le principe de départ est de répondre à la question "What are you doing ?" (Que faites-vous ?) Le choix de cette question s'est imposé pour expliquer qu'il ne s'agissait pas véritablement d'un service de conversation, mais plutôt d'un service de partage : on peut partager ses états d’âme mais aussi, et surtout, ses ressources.
En 2 ans Twitter est devenu un réseau social à part entière : le troisième en importance après Facebook et MySpace. Ce qui représente 6 millions d'utilisateurs et 3 millions de messages par jour.
S'il s'agit au départ d'un usage de technophiles, l'usage de Twitter a permis de créer une masse d'informations et d'utilisateurs suffisante pour que Twitter devienne ce réseau de communication à part entière ainsi qu’une immense base, dont les données sont accessibles, en temps réel et réutilisables pour d'autres applications.
Ce réseau de communication, même s'il n'est que logiciel, a sa propre infrastructure, il utilise celle des opérateurs, mais reste indépendant, pour l'instant : Car il fait frémir les plus grands, en effet, il contient de l’information en temps réel, information que le moteur de recherche de Google n’exploite pas…
La personne qui a contribué à rendre Twitter célèbre est Barack Obama, Twitter a été l’une de ses armes de campagnes pour communiquer sur des opérations, des meetings et bien sûr pour collecter des fonds.
Afin d'y voir plus clair, penchons-nous sur le petit oiseau bleu (emblème du site) qui n'a visiblement pas fini de gazouiller :
Comment ça marche ?
L'utilisation de Twitter est très simple, il faut commencer par s’inscrire. Une fois son compte validé, il n'y a plus qu'à envoyer des micro-messages et à créer son réseau social, c’est là, l'étape la plus difficile : trouver les personnes qui « tweetent » dans les domaines qui vous intéressent : quelques noms à suivre pour débuter : @silvae, @jeanlucr, @epnwallonie, @bibliofrance, @novovision, …) et pour compléter vous pourrez vous référer au top of the top des bibliotwitters à la fin de cet article
Quatre fonctions essentielles sur la page de votre compte :
- La page des followers (personnes qui vous suivent : vos contacts)
- La page des following (personnes que l’on suit : personnes ressources)
- La page des @Reply (liste des réponses que vous recevez)
D’un point de vue plus pratique, tout se passe autour du célèbre caractère: “@“.
Imaginons trois personnes: Bob Lisa et Paul. Puis posons le cadre suivant:
- Bob follow Lisa
- Lisa follow Bob
- Paul follow Lisa mais Lisa ne follow pas Paul.
- Bob ne follow pas Paul
Ce qui peut donc arriver:
- Si Lisa s’adresse à Paul avec un @Paul: Paul voit le message apparaitre sur son wall mais Bob ne l’aura pas.
- Paul s’adresse à Lisa avec @Lisa: Lisa ne voit pas le message sur son wall mais dans le @Reply
Twitter est avant tout une façon de communiquer avec ses codes, son langage et sa syntaxe (même si les abréviations SMS ne sont que très peu utilisées) :
- L’arobase : @suivi du nom d'un utilisateur permet d'envoyer un message à celui-ci. Votre message sera alors publié sur votre compte, mais la mention @pseudo signifie qu'il est adressé en particulier à cette personne, même si il est visible de tous.
- Les DM, Direct Message : messages privés visibles uniquement par le destinataire.
- Le moteur de recherche : Twitter propose son propre moteur de recherche "Search Twitter" (non-indexé par Google)
- Les alertes mails : avec des services d’abonnement comme twilert vous pouvez recevoir une alerte mail quand un mot-clé est “tweetté”, cela vous permet de suivre un sujet qui vous intéresse.
- Les hashtags (#): sorte de mots clés mis en avant dans un tweet en plaçant un dièse avant ce mot, il permet lors d'une recherche de filtrer les sujets plus facilement et de retrouver sur une même page tous les tweets en rapport avec ce hashtag. Hashtags.org ou twemes.com permettent de les exploiter. Mais vous pouvez aussi suivre le twitter du site : @hashtags
Twitter est (pourrait être) un outil pour échanger, veiller, partager :
On peut définir Twitter comme une sorte de flux RSS personnel. La notion la plus importante de Twitter est le suivi (follow) : vous suivez les actualités de vos proches, de collectivités, d'institutions ou de personnes spécialistes d'un domaine, et ils suivent réciproquement la vôtre.
Twitter est également un incroyable outil de veille qui permet, par différents moyens, de trouver de l’information ou d’en recevoir, le partage est une fonction essentielle de cet outil, car il fait sens à la notion de veille documentaire chère à notre profession, tel que la définit Narvic* : "Je veille, tu veilles, il veille, nous partageons"
(Vous trouverez une liste de twitters institutionnels sur ce site : www.vagabondages.org)
A quoi sert (ou pourrait) servir Twitter ?
- Rester en contact avec des collègues, plus facilement qu’avec l’utilisation d’une messagerie.
- Lire les informations récentes : Des sources d'informations comme CNN, ou la BBC ont des comptes Twitter.
- Avoir des informations sur les conférences auxquelles vous n'avez pu assister : Certains twitters font des comptes-rendus en temps réel de conférences auxquels ils participent comme le congrès de l’ABF (http://twitter.com/bibliolab)
- Proposer un service de référence en ligne : Pourquoi ne pas utiliser Twitter pour récolter des suggestions ou des retours sur votre site web, votre politique documentaire, etc.…
- S'en servir comme d'un carnet de notes. Pour ne plus laisser vos idées innovantes s'envoler juste parce que vous ne savez pas où les consigner.
- Annoncer les événements de la bibliothèque (comme le fait la médiathèque départementale du Haut-Rhin en annonçant le passage de ses bibliobus sur Twitter)
- Avertir les usagers de l’arrivée des nouveautés à la bibliothèque
- Prévenir de la disponibilité d'ouvrages réservés.
Ce que Twitter n’est pas :
Un service de messagerie : Si vous envoyez des informations par mail à vos amis, vous aurez à les sélectionner manuellement. Ici, un seul « tweet » partira instantanément auprès de tout le monde pour une consultation immédiate et simultanée.
Ce n’est pas Facebook. Les réseaux sociaux sont typiquement « symétriques » : quand vous êtes « ami » avec quelqu’un, il doit également être « ami » avec vous.
Twitter est « asymétrique » si vous suivez quelqu’un il n’est pas nécessaire que cette personne vous suive également.
Ce n’est pas un forum. Un forum est complexe et très segmenté. Si vous voulez évoquer un sujet, vous devez le faire à un endroit précis, sous peine de perturber le flux de lecture. Twitter n’a pas vraiment de catégorie en soi, et n’est pas conçu pour les conversations profondes et très argumentées. Il n’y a pas de modérateur sur twitter.
Quelques bémols :
60% des nouveaux membres cessent d’utiliser le service dans le mois qui suit leur inscription, 80% des comptes sont suivis par moins de 10 followers (près d’un tiers n’ont d’ailleurs pas un seul follower), et les utilisateurs les plus actifs du service (10% de ses membres) sont responsables à eux seuls de 90% des tweets postés !
Twitter se situe dans l'immédiateté, l'information y est immédiate et non pérenne, il est inutile après plusieurs jours d'absence de tenter de remonter le fil des pages de son compte, l'information y est devenue obsolète et cette activité devient dans ce cas chronophage et sans intérêt.
L'absence de revenus pose question quant à la longévité du site, à terme les fondateurs devront trouver une solution pour que le site devienne rentable et perdure.
Cependant même si Twitter venait à disparaître il serait immédiatement remplacé, car au-delà du site c’est l’usage qui en fait qui est devenu essentiel : la fonction de veille et de partage revient à Twitter, la fonction de publication (l’analyse, l’opinion, etc.) à la blogosphère ou autres sites institutionnels.
*Guillaume Narvic, journaliste de presse devenu blogueur, à l’origine du site « Novövision »
Vous trouverez dans le tableau ci-dessous une liste de bibliothécaires, documentalistes, français, quebecois, catalans, belges présents sur Twitter :
Delicious, un outil de sauvegarde de signets
Par Cécile Arènes in Bibliothèque(s) n° 44 (mai 2009)
Créé en 2003 par un étudiant qui souhaitait pouvoir accéder à ses favoris depuis n'importe quel ordinateur, Delicious est devenu aujourd'hui un outil incontournable pour la sauvegarde de signets. Pour la petite histoire, Delicious, racheté par Yahoo en 2005, s'appelait auparavant « del.icio.us ». Un clin d'oeil aux férus d'informatiques, la dernière partie du mot constituant l'extension américaine du nom de domaine. Avec le rachat, le site a été rebaptisé « delicious.com », ce qui dénote une politique plus commerciale. Cependant, en dépit de ce changement de nom, le site reste optimal.
Gérer ses favoris sur son PC relève souvent de la gageure, on se trouve vite englouti par leur nombre et on reste dépendant d'un seul ordinateur. Qui n'a pas conçu, en service public, de l'agacement de ne pas pouvoir utiliser un de ses favoris, archivés sur le poste de son bureau ? Avec Delicious, il suffit de créer un compte suffit pour pouvoir profiter de ses signets en tout lieu.

Il reste ensuite à se connecter à son compte pour retrouver ses pages et sauvegarder des favoris. On peut attribuer des mots-clés, ou tags, à ses favoris de façon à les classer et on peut regrouper ces tags en grandes catégories, les bundles, pour les hiérarchiser. Les tags apparaissent à l'écran sous forme de nuage ou de liste alphabétique.

Delicious permet aussi de partager ses signets avec une communauté d'utilisateurs. En s'abonnant aux comptes d'autres usagers de ce service, on peut suivre leurs sauvegardes et récupérer sur son compte une multitude de signets intéressants. De même, on peut s'abonner à des tags, et même aux tags d'une seule personne si l'on veut cibler sa veille. Delicious permet donc d'affiner au maximum ses requêtes et il est en cela beaucoup plus qu'un simple outil de sauvegarde de signets : il constitue une aide précieuse pour qui fait de la veille sur un domaine précis. On peut de surcroît suivre l'actualité des autres comptes ou de certains tags en s'abonnant sur des flux RSS. Delicious est également très intéressant pour le travail en équipe : on peut effectivement proposer des signets à d'autres utilisateurs qui les valideront s'ils sont intéressés. Delicious est donc à la fois un site de sauvegarde de signets, un puissant outil de veille et une passerelle vers une vaste communauté d'utilisateurs. Nombre d'établissements ne s'y sont pas trompés, ainsi la bibliothèque de Paris 4 y a sauvegardé près de trois mille signets, classés au moyen de quelques sept-cents tags et de dix catégories. Son principe initial a été de « ne retenir que des ressources proposant un réel contenu documentaire », expliquait Dominique Philippi, au moment du lancement de ce projet dont il est le responsable. Certaines bibliothèques ont même intégré le nuage de tags Delicious ou la liste de leurs marque-pages dans leur propre portail (C'est le cas des Brimbank libraries, en Australie). Elles permettent donc aux usagers qui possèdent un compte Delicious de récupérer des signets et/ou de s'abonner au compte de la bibliothèque, cela en conservant la charte graphique de leur établissement.
Delicious peut par ailleurs être intégré au navigateur Firefox grâce à l'extension Delicious bookmarks. Ainsi, plus besoin de se rendre sur le site, on peut gérer ses marque-pages Delicious depuis son navigateur et les afficher dans la colonne de gauche de son écran. Le confort lors de la navigation s'en trouve largement amélioré. Lorsqu'on consulte son compte depuis un autre poste, on retrouvera tous les signets sauvés, la synchronisation entre le module complémentaire de Firefox et le compte Delicious étant automatique.
Le grand concurrent de Delicious est Diigo, sans doute plus performant en terme de services, mais moins utilisé par les établissements, car plus complexe. L'un de ses nombreux avantages est de pouvoir « envoyer facilement les extraits faits vers un blogue », comme le précise Michel Roland-Guill, de l'URFIST de Nice. Qu'ils se trouvent sur Delicious ou sur Diigo, les signets peuvent de toute façon être exportés de l'un à l'autre et il est recommandé d'effectuer des sauvegardes très régulières.
Les outils de sauvegarde de signets sont des adjuvants précieux des professionnels, à la fois pour la gestion personnelle de leurs favoris, pour la mise en commun de ressources pertinentes au sein d'une équipe, mais également pour valoriser des ressources choisies, à destination des lecteurs. Leur maniement est simple et la formation à ces outils est rapide.
Delicious : liens et tutoriels
Complément à l'article Delicious, un outil de sauvegarde de signets de Cécile Arènes in Bibliothèque(s) n° 44 (mai 2009)
Ravis de vous retrouver ici, chers lecteurs de Bibliothèque(s) ! Voici tous les liens cités dans l'article, et pleins d'autres encore... Sans oublier le tutoriel promis.
Pour commencer, l'article de Wikipedia sur Delicious... et le lien vers le site lui-même.
Prendre en main Delicious en moins de 15 étapes, c'est possible :
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Les liens cités dans l'article :
* Un peu d'histoire, le rachat de Delicious expliqué par Emmanuelle Bermès ;
* Un entretien de Bibliobsession avec Dominique Philippi, l'initiateur du Delicious de Paris 4. Du même blogueur, un billet sur un autre exemple français, la base de signets de l'association Rime ;
* En Australie, le nuage de tags Delicious de la Brimbank library est intégré au site de la bibliothèque. Cela requiert un peu de connaître un peu de php mais il existe des scripts sur le web, déjà prêts à être utilisés ;
* Delicious contre Diigo, l'avis de Michel Rolland-Guill.
Pour aller plus loin :
* Pour les conquis de l'outil, 10 conseils pour optimiser son utilisation de Delicious,
* Pour les forcenés, la rubrique d'un compte Delicious traitant ... de Delicious !
Des questions, des remarques, des critiques, les commentaires vous sont ouverts !
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